lundi 5 novembre 2007

Brouillard du soir...

L'Angleterre ouvre l'hiver dans le brume et dans ce froid humide qui n'est pas un vrai froid mais qui appelle Noël. Je ne savais pas pourquoi ils décoraient tout dès Novembre, et puis ce soir, je me suis promenée dans le brouillard.

Il y avait des feux d'artifice, on entendait les explosions, mais on ne voyait rien. Mes cheveux bouclent un peu en s'imprégnant d'humidité. Nous marchons sur les pelouses, j'enfonce mes pieds sous les feuilles mortes, qui ne sont pas brunes ici mais jaunes. Il y a des vraies couleurs d'automne. Nous sommes passés sous des saules pleureurs. On voyait à cinq mètres. A peine. Je voyais un réverbère derrière les saules, et c'était Narnia moins la neige, mais le faune aurait pu être là. Un Narnia sans la Sorcière Blanche, suivez moi.

Ensuite, j'ai pensé aux elfes, à ces lumières qui semblent flotter parce qu'on ne voit pas les bâtiments dont elles sont les fenêtres éclairées. J'ai pensé que l'Angleterre était un pays de sorciers, un pays d'imaginaire, que je le savais depuis longtemps mais que j'avais enfin compris pourquoi. Si vous n'avez pas marché dans cette brume anglaise, profonde à couper au couteau, mais dont on sent qu'elle est imperméable au couteau, vous ne pouvez pas voir ce que je veux dire.

Il y avait d'autres bruits sans doute, en plus de ceux des feux d'artifice, mais je ne les entendais pas. La brume absorbe les bruits. Elle oblige à les ignorer.

Nous avons fait le tour des pelouses du campus. Nous avons vu des endroits où jamais nous n'étions allés. Il y a des bancs au milieu de l'herbe, à l'allure fantomatique, et ils encerclent des statues étranges, plantées là pour rien du tout. L'une d'entre elle était un buste d'homme. Des toiles d'araignées avaient été tissées entre ses joues et ses épaules. Je me suis crue dans un film de Tim Burton.


Dans la douceur de cette nuit, amortie par la brume comme par de l'ouate, je me suis souvenue pourquoi j'aimais l'Angleterre. Et je me suis demandée pourquoi on avait laissé les Anglais la transformer à ce point, la manger et la digérer pour en faire un système. Mais c'est une autre histoire.


Cette soirée est poétique. Bien que Sarah soit déjà partie, cette soirée est encore imprégnée de la douceur de sa présence. C'est agréable.


Pour ceux qui veulent savoir, je vais bien.





(Quelques photos en vrac de l'après-midi du 3 Novembre, avec Sarah et Philippe. Les photos sont prises par Philippe, on l'applaudit bien fort.)













8 commentaires:

namoureux a dit…

moi j'aime bien les photos
et les commentaires qui vont avec sont pas mal du tout !

Pride a dit…

Il est vrai que les photos sont d'une qualité irréprochable.
Cela dit... le texte n'est pas mal non plus.

Anne a dit…

Texte ou photo, il faut choisir !

Laure Assaf a dit…

(L)

Yate a dit…

Le brouillard sert à faire peur aux petites filles. Surtout celles qui veulent prendre l'avion.

Anne a dit…

Oh, dans ce cas-là le brouillard fait plutôt peur aux avions.

Anonyme a dit…

tout ceci est fort fort bien dit. J'ai vu ce même automne nous montrer toute sa garde robe de couleurs rouges jaunes et orangeées, j'ai vu ce même brouillard le même soir, j'ai marché la nuit sur mon campus à moi, où les réverbères dispensent une lumière orange reflétée par chaque goutelette d'eau, qui rend l'ambiance fantomatique, mais pas effrayante. juste poétique. Et effectivement, c'est dans des moments comme ça qu'on se rappelle pourquoi on est en Angleterre! Helene.

Anne a dit…

Ah, ma chère Anglaise, tu me comprends, ça fait plaisir :D